Abdoulaye Sakho, un ancien membre de l’Agence nationale de régulation des télécommunications du Sénégal, a été inculpé vendredi de "détournement de deniers publics" dans l’attribution en 2007 d’une licence à la société soudanaise Sudatel, a-t-on appris auprès d’un de ses avocats.
Le doyen des juges d’instruction Mahama Sémou Diouf a inculpé vendredi cet ancien membre du Conseil de régulation de l’Agence de régulation de la poste et des télécommunications (ARTP), Abdoulaye Sakho, a précisé à l’AFP un de ses avocats, Me Ousmane Sèye.
M. Sakho, un professeur agrégé de droit, a bénéficié d’une mise en liberté provisoire après avoir versé une caution de 57 millions de francs FCFA (87.000 euros).
Mercredi, l’ancien directeur général de l’ARTP, Daniel Goumalo Seck, avait déjà été inculpé de détournement de deniers publics et incarcéré, avait indiqué à l’AFP une source judiciaire. Selon un de ses avocats, Me Alassane Cissé, le doyen des juges d’instruction avait refusé d’accorder à M. Seck la liberté provisoire après qu’il avait versé intégralement 135 millions de FCFA (206.000 euros), correspondant au montant des fonds qu’il est accusé d’avoir détournés.
En revanche, les avocats se sont refusés à dire vendredi si un autre ancien membre de l’ARTP, le consultant Abdoulaye Ndiaye, a également été inculpé.
Les deux hommes sont poursuivis pour avoir perçu des "primes exceptionnelles", jugées illégales par l’inspection générale d’Etat (IGE, un corps de contrôle de l’Etat sénégalais), dans l’attribution de la troisième licence globale de télécommunications du Sénégal à Sudatel.
Sudatel avait, en septembre 2007, acquis au Sénégal une licence d’un montant de 200 millions de dollars (plus de 147 millions d’euros) pour 20 ans, qui lui permettait d’exploiter les réseaux téléphoniques fixe, mobile, international et internet au Sénégal.
Depuis, ce groupe exploite au Sénégal le label commercial Expresso.
Selon l’hebdomadaire La gazette, qui avait révélé cette affaire, 1,6 milliard de FCFA (2,4 millions d’euros) auraient été détournés par les responsables de l’ARTP après le paiement de la licence par Sudatel.
Par ailleurs, l’ancien directeur exécutif de l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), Abdoulaye Baldé, actuel ministre des Forces armées, a défendu vendredi l’Anoci, mise à cause dans cette affaire pour avoir reçu 96 millions de FCFA (146.000 euros) de l’ARTP.
L’Anoci, qui était présidée par Karim Wade, fils du président Abdoulaye Wade et actuel ministre en charge des Infrastructures, "n’a jamais reçu d’appui institutionnel de la part de l’ARTP encore moins perçu une subvention", a déclaré M. Baldé dans un communiqué.
Le ministre a fait valoir que "l’ARTP avait apporté un soutien logistique et en nature d’un montant de 96 millions à la commission nationale de l’OCI, chargée de l’organisation de la conférence islamique" en mars 2007 à Dakar.
(©AFP / 12 mars 2010 19h25)













